Tragédie ferroviaire en Espagne : Au moins 39 morts dans une collision de trains à grande vitesse

Une catastrophe ferroviaire sans précédent depuis plus d’une décennie
Un accident ferroviaire impliquant deux trains à grande vitesse a fait au moins 39 morts dans le sud de l’Espagne, dimanche 18 janvier, selon le bilan communiqué lundi matin par le ministère de l’Intérieur du pays. La catastrophe a également fait 123 blessés, dont cinq dans un état très grave. Cette tragédie représente l’accident ferroviaire le plus meurtrier en Espagne depuis le déraillement de Galice en 2013 qui avait coûté la vie à 80 personnes.
Les circonstances du drame
Le train 6189 assurant la liaison Málaga–Madrid Puerta de Atocha a déraillé à 19 h 39 à Adamuz (Cordoue), provoquant une collision avec l’Alvia 384 (Puerta de Atocha–Huelva). Plus de 400 passagers se trouvaient dans les deux trains. Les derniers wagons du train Iryo ont déraillé et sont entrés en collision avec un convoi de la compagnie nationale Renfe circulant dans le sens inverse.
Les premiers témoins évoquent un choc extrêmement violent, projetant les passagers des wagons touchés dans les airs, et décrivent des scènes apocalyptiques. Les secours s’activent sur un site difficile d’accès, le train ayant chu d’un talus de six mètres de hauteur.
Un accident “extrêmement étrange” selon les autorités
Óscar Puente, ministre des Transports, a qualifié l’accident de « rare et difficile à expliquer », soulignant que le train Iryo à l’origine de la collision est relativement récent et que l’infrastructure avait également été rénovée très récemment. L’accident s’est produit sur une portion de voie rectiligne. Le train, fabriqué en 2022 et « dont la dernière révision a été effectuée le 15 janvier dernier », soulève de nombreuses interrogations quant aux causes de ce déraillement.
Mobilisation nationale et enquête en cours
Le Premier ministre Pedro Sánchez a déclaré trois jours de deuil et promis une enquête complète sur la cause de l’accident. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a évoqué “une nuit de profonde douleur” après “le tragique accident ferroviaire”. Pompiers et ambulances, venus de tout le pays, ainsi que des unités militaires, sont mobilisés pour extraire les passagers coincés dans les trains.
C’est le premier accident mortel sur le réseau ferroviaire espagnol à grande vitesse. Le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva est interrompu au moins toute la journée du lundi 19 janvier, perturbant considérablement les déplacements dans le sud du pays.
Un impact national et européen
Cette tragédie a suscité une vague d’émotion à travers l’Europe. Plusieurs responsables européens dont Emmanuel Macron ou le chancelier allemand ont présenté leurs condoléances. L’accident pose également des questions cruciales sur la sécurité du réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol, considéré comme l’un des plus développés d’Europe avec plus de 3 100 kilomètres de voies.
Les autorités espagnoles ont annoncé qu’une commission d’enquête sera mise en place pour déterminer les causes exactes de cette catastrophe. Les résultats pourraient prendre au moins un mois, selon le ministre des Transports. En attendant, le pays tout entier pleure ses victimes et espère que toute la lumière sera faite sur les circonstances de ce drame sans précédent.









