Sébastien Lecornu face au défi du budget 2026 : le recours au 49.3

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Un budget sous haute tension politique

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a listé, vendredi 16 janvier 2026, les évolutions du projet de loi de finances 2026 par rapport au budget initial, dans une tentative de sortir de l’impasse budgétaire qui paralyse le pays depuis plusieurs mois. Défendant un budget de compromis « meilleur », « responsable » et pouvant « rassembler », le chef du gouvernement cherchait à éviter une nouvelle crise politique.

Pourtant, après avoir promis de ne pas utiliser cette procédure controversée, Sébastien Lecornu a confirmé, lundi 19 janvier, qu’il engagerait, par l’article 49.3 de la Constitution, la responsabilité du gouvernement sur la partie recettes du budget 2026 avec “regret” et “amertume”. Cette décision marque un tournant dans la stratégie gouvernementale initialement basée sur le dialogue parlementaire.

Les concessions pour éviter la censure

Face à l’opposition, le Premier ministre a multiplié les gestes en direction des différents groupes parlementaires. Le Premier ministre annonce une revalorisation : en moyenne, 50 euros par mois, pour environ 3 millions de ménages concernant la prime d’activité. Environ deux milliards d’euros d’économies supplémentaires sur les agences et les opérateurs de l’État ont également été annoncés pour tenir l’objectif d’un déficit public à 5% du PIB.

“Ces avancées sont réelles”, a affirmé vendredi 16 janvier le Parti socialiste dans un communiqué publié sur X, après l’allocution de Sébastien Lecornu sur le budget et les différentes annonces qu’il a faites. Ces concessions visent notamment à obtenir la non-censure des députés socialistes, élément crucial pour la survie du gouvernement.

Un avenir gouvernemental incertain

Lundi soir, le RN et ses alliés d’un côté, LFI de l’autre, annoncent leur intention de censurer le gouvernement. Le Premier ministre joue ainsi la survie de son exécutif sur ce vote crucial. Les motions devraient être débattues jeudi 22 janvier, à l’Assemblée nationale, dans un climat politique extrêmement tendu.

Cette séquence budgétaire illustre les difficultés du gouvernement à gouverner sans majorité absolue. Le recours au 49.3, bien que légal, soulève des questions sur la capacité du pouvoir exécutif à construire des consensus durables. Pour les Français, l’enjeu reste de taille : disposer d’un budget pour 2026 qui permette de financer les services publics tout en maîtrisant les comptes publics dans un contexte économique incertain.

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