Îles Chagos : L’accord de rétrocession entre le Royaume-Uni et Maurice au cœur d’une controverse géopolitique

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Un archipel stratégique au centre des tensions diplomatiques

Le 20 janvier, le président américain Donald Trump a condamné un accord qu’il avait précédemment approuvé et en vertu duquel le Royaume-Uni rétrocéderait la souveraineté sur les îles Chagos à la république de Maurice. Cet archipel de l’océan Indien, sous contrôle britannique depuis plus de deux siècles, abrite la base militaire américano-britannique de Diego Garcia, considérée comme un élément crucial pour les opérations de sécurité dans la région. La base de Diego Garcia, qui accueille environ 2 500 militaires, en majorité américains, est considérée par les États-Unis comme un élément clé de leurs opérations de sécurité au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Afrique de l’Est.

Les termes de l’accord et les réactions politiques

L’accord de restitution des Chagos, approuvé à l’époque par les Etats-Unis, a été signé par Londres en mai dernier. Selon ce texte, le Royaume-Uni restitue les Chagos à Maurice mais conserve un bail de 99 ans sur l’île principale, Diego Garcia, afin de maintenir une base militaire américano-britannique dans cette région stratégique. Le coût estimé de l’accord s’élève à environ 3,4 milliards de livres sterling sur la durée du bail. Le gouvernement britannique justifie sa décision en expliquant que la base sur Diego Garcia était menacée après que des décisions judiciaires aient sapé leur position et auraient empêché son fonctionnement tel que prévu à l’avenir.

Un drame humain oublié

Il y a un demi-siècle, les gouvernements britannique et américain avaient contraint tous les habitants à quitter leurs foyers, afin que les États-Unis puissent construire une base militaire sur l’île de Diego Garcia. Les Chagossiens n’ont jamais été autorisés à revenir. Environ 10 000 Chagossiens déplacés et leurs descendants vivent aujourd’hui principalement en Grande-Bretagne, à Maurice et aux Seychelles. Beaucoup d’entre eux souhaitent retourner sur les îles, et certains se sont battus sans succès devant les tribunaux britanniques pendant de nombreuses années pour obtenir le droit de rentrer chez eux.

Implications géopolitiques et avenir incertain

Cette controverse survient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et leurs alliés européens. Le président Trump a déclaré sur Truth Social que la cession des îles Chagos à la république de Maurice était « un acte d’une grande stupidité » qui s’ajoute à une « longue liste de raisons de sécurité nationale pour lesquelles le Groenland doit être acquis » par les États-Unis. Pour les défenseurs des droits humains, toute décision concernant les îles Chagos devrait être centrée sur les Chagossiens, qui ont été déplacés de force par le Royaume-Uni et par les États-Unis, sans droit de retour à ce jour. Les droits des Chagossiens – notamment leur droit de retourner vivre sur leurs îles natales, et d’obtenir des réparations pour les crimes commis à leur encontre – devraient être au cœur de toute discussion. L’avenir de cet accord reste incertain alors que le débat parlementaire britannique se poursuit et que les pressions internationales s’intensifient.

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