Dissolution de l’Assemblée nationale : bilan et perspectives un an après

0
1

Introduction : une décision qui a bouleversé le paysage politique français

Le 9 juin 2024, au soir des élections européennes, Emmanuel Macron a surpris les Français en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale. Cette annonce a eu lieu au soir des élections européennes, marquées par un succès historique du Rassemblement National. Un an plus tard, cette décision continue de façonner la vie politique française et soulève de nombreuses questions sur l’avenir des institutions de la Ve République.

Les conséquences immédiates de la dissolution

À l’issue des législatives anticipées de l’été dernier, aucune majorité ne s’est dégagée des urnes. Une situation inédite depuis le début de la Ve République. Au terme du second tour des élections, l’assemblée élue est divisée en trois principaux blocs : le Nouveau Front populaire (193 députés), Ensemble (166 députés) et le Rassemblement national et ses alliés (142 députés).

La dissolution a durablement impacté la dynamique politique nationale. Elle a créé un climat d’incertitude politique durable, rendant difficile la formation d’une majorité stable et entraînant la succession de plusieurs gouvernements. Michel Barnier a succédé à Gabriel Attal comme Premier ministre en septembre 2024, après la dissolution de l’Assemblée nationale en juin. Renversé par une motion de censure en décembre, il a été remplacé par François Bayrou.

Un bilan contrasté après un an

Un an après cette dissolution historique, les députés dressent un bilan mitigé. “Je pense qu’on n’a rien gagné à la dissolution. Si l’objectif était d’avoir de la stabilité, on n’a jamais eu autant d’imprévisibilité”, déplore une députée socialiste. Toutefois, des textes sont adoptés, essentiellement des propositions de loi, c’est-à-dire d’origine parlementaire.

La possibilité d’une nouvelle dissolution

Emmanuel Macron est de nouveau autorisé à dissoudre l’Assemblée nationale depuis le 8 juillet 2025, soit un an après la tenue du second tour des élections législatives anticipées du 7 juillet 2024. L’article 12 de la Constitution stipule en effet qu’il “ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit” les élections législatives anticipées.

Toutefois, dans un contexte de chambre ingouvernable, le recours à de nouvelles élections législatives pourrait apparaître comme une solution évidente pour rétablir une majorité. Cependant, cette option comporte des risques politiques et institutionnels majeurs.

Conclusion : un avenir politique incertain

La dissolution de l’Assemblée nationale demeure une procédure dérogatoire, activée rarement mais toujours dans des contextes de crise ou d’impasse politique. Elle incarne la volonté d’offrir une clarification démocratique et de replacer les citoyens au centre des choix institutionnels, tout en risquant de stimuler les tensions politiques et l’incertitude à court terme. La France fait face à un défi démocratique majeur : comment gouverner sans majorité absolue dans un système conçu pour la stabilité ? L’année écoulée a démontré les limites de cette situation, mais aussi la nécessité pour les forces politiques d’apprendre à cohabiter et à trouver des compromis pour faire fonctionner les institutions.

Comments are closed.