Disparition de Francis Hallé : le monde scientifique perd un grand défenseur des forêts

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La disparition d’un grand scientifique français

Le 2 janvier 2026, l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire a annoncé la disparition de son fondateur, le botaniste Francis Hallé, décédé le 31 décembre dernier, à l’âge de 87 ans. Il s’est éteint chez lui, à Montpellier, entouré de sa famille. Cette annonce a suscité une profonde émotion dans le milieu scientifique et environnemental français et international.

La famille de Francis Hallé salue un “grand explorateur du vivant”, “passeur d’émerveillement infatigable”. Ce grand défenseur des forêts primaires vivait à Montpellier et a enseigné la botanique au sein de son Université durant près d’une trentaine d’années, de 1971 à 1999.

Une carrière consacrée aux forêts tropicales

Botaniste émérite à la renommée internationale, il a largement contribué à mieux faire connaître les arbres et surtout les forêts primaires qu’il a étudiées toute sa vie durant. En 1986, en Guyane, Francis Hallé lance, notamment avec un pilote de montgolfière et un jeune architecte, la grande aventure du “Radeau des cimes”. Ce laboratoire scientifique en plein air a permis d’étudier les forêts tropicales par le haut, depuis une plateforme portée sur la cime des arbres par un ballon.

Grand spécialiste des zones tropicales, Francis Hallé a également transformé la recherche sur les arbres en développant, par ses observations, une théorie de l'”architecture des plantes”. Francis Hallé a consacré sa vie à attirer l’attention de ses contemporains sur la profonde beauté des plantes sur toute la planète, en particulier dans les milieux tropicaux, chers à son cœur.

Un projet visionnaire pour l’avenir

Ce passionné laisse derrière lui des décennies de recherches sur les végétaux et un rêve encore inaccompli : recréer une forêt primitive, sans exploitation humaine, en Europe occidentale. Le botaniste montpelliérain souhaitait “réunir les conditions pour qu’une forêt primaire puisse renaître en Europe de l’Ouest”.

Le maire de Montpellier Michaël Delafosse fait part de son “immense tristesse” et annonce que la ville lui rendra hommage en dénommant “un espace à sa mémoire”. L’association conclut dans son message d’hommages : “Les graines ont été semées. Nous aurons à cœur d’en tenir les promesses en l’honneur de ce grand explorateur du vivant qui vient de nous quitter”.

Un héritage scientifique et pédagogique majeur

Marié et père de quatre enfants nés sous les tropiques, il a publié de nombreux livres, dont un “Atlas de botanique poétique” en 2016 et “La Beauté du vivant” en 2024. Grand lecteur de poésie, il détestait le jargon scientifique et a été à l’origine et au centre du film de Luc Jacquet “Il était une forêt” (2013).

La disparition de Francis Hallé représente une perte immense pour la communauté scientifique et environnementale. Son combat pour la protection des forêts primaires et sa capacité unique à transmettre sa passion pour le monde végétal continueront d’inspirer les générations futures. Son projet de recréation d’une forêt primaire en Europe demeure un symbole d’espoir face aux défis climatiques et de biodiversité auxquels notre planète est confrontée.

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