Conservateurs alimentaires : des études alertent sur les risques sanitaires

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Une découverte scientifique majeure sur les conservateurs

En janvier 2026, deux études publiées jeudi 8 janvier 2026 établissent un lien entre une consommation élevée de certains conservateurs et une augmentation du risque de diabète de type 2 et de cancers. Ces travaux de recherche, menés par des chercheurs et chercheuses de l’Inserm, d’INRAE, de l’Université Sorbonne Paris Nord, de l’Université Paris Cité et du Cnam, marquent un tournant dans notre compréhension des additifs alimentaires.

L’importance de ces recherches réside dans leur ampleur sans précédent. Ils reposent sur les données de santé et de consommation alimentaire de plus de 100 000 adultes participants à l’étude de cohorte NutriNet-Santé, suivis pendant plus d’une décennie. Ces conservateurs sont omniprésents dans notre alimentation moderne, principalement dans les produits ultra-transformés que nous consommons quotidiennement.

Quels conservateurs sont concernés ?

Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, une consommation plus élevée de 12 d’entre eux était associée à un risque accru de diabète de type 2. Parmi les plus préoccupants figurent le nitrite de sodium, bien connu du grand public, utilisé pour conserver les viandes transformées et leur donner une couleur rose stable, présent dans de nombreuses charcuteries.

Sur la liste des ingrédients des produits que vous vous procurez, apparaissent tous les additifs alimentaires identifiés avec un numéro E (les E200 à E299 étant les conservateurs ; les E300 à E399 étant les antioxydants). Cette nomenclature européenne permet aux consommateurs de les identifier, bien que la plupart des consommateurs ingèrent des conservateurs sans en avoir conscience.

Résultats alarmants des études scientifiques

Les résultats sont significatifs. Au cours de la période de suivi, 4 226 participants (sur les 105 260 participants de cette étude) ont reçu un diagnostic de cancer, dont 1 208 cancers du sein, 508 cancers de la prostate, 352 cancers colorectaux et 2 158 autres cancers. Pour le diabète, 1131 cas de diabète de type 2 ont été identifiés sur l’étude portant sur le diabète.

La méthodologie rigoureuse de ces études renforce leur crédibilité. Les volontaires ont renseigné régulièrement en détail leurs consommations alimentaires en transmettant aux scientifiques des enregistrements complets sur plusieurs périodes de 24 heures, incluant les noms et marques des produits industriels consommés.

Recommandations et perspectives futures

Face à ces découvertes, Mathilde Touvier, directrice de recherche Inserm, coordinatrice de ces travaux, explique que bien que les résultats de ces deux études doivent être confirmés, ils concordent avec les données expérimentales suggérant des effets néfastes de plusieurs de ces composés. Les experts appellent à une réévaluation des réglementations actuelles.

Pour les consommateurs, les recommandations sont claires. Privilégier les aliments bruts réduit fortement l’exposition. Les produits frais et cuisinés maison contiennent peu ou pas de conservateurs. Cette approche préventive permet de limiter l’exposition tout en maintenant une alimentation équilibrée et nutritive.

Ces résultats pourraient influencer les futures décisions réglementaires. Une réévaluation de certains conservateurs est envisagée par plusieurs experts. Les autorités pourraient renforcer les seuils ou limiter certains usages à l’avenir, marquant potentiellement une évolution majeure dans la politique de sécurité alimentaire européenne.

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