Budget 2026 : Lecornu face au dilemme du 49.3

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Une décision attendue le 19 janvier 2026

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, fera savoir lors d’un Conseil des ministres, lundi 19 janvier, à 16 heures, s’il a recours ou non à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget 2026 dans sa version finale. Cette annonce met fin à des semaines de suspense et de négociations intenses avec les différentes forces politiques du Parlement français.

Le revirement d’un engagement politique

L’utilisation potentielle du 49.3 constitue un paradoxe pour le Premier ministre. Le Premier ministre a annoncé, vendredi 3 octobre, qu’il renonçait à recourir à l’article 49.3 pour l’examen du budget 2026 à venir. Cette promesse avait été faite pour marquer une rupture avec les pratiques de ses prédécesseurs et répondre aux demandes du Parti socialiste. Cependant, face à l’impasse parlementaire, le gouvernement se retrouve contraint de reconsidérer cette position.

Les concessions pour éviter la censure

Pour sécuriser l’adoption du budget, Sébastien Lecornu a précisé dimanche l’effort demandé aux entreprises en 2026, exigeant une manne importante de huit milliards d’euros sur 300 grands groupes. Sur certains points annoncés par l’exécutif, le PS s’est montré satisfait : revalorisation de la prime d’activité, repas à 1 euro pour tous les étudiants, et mise en place d’une surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises. Ces mesures visent à obtenir un accord de non-censure avec les socialistes.

Un choix entre deux options risquées

Le Premier ministre dispose de deux outils constitutionnels : l’article 49.3, qui permet d’adopter un texte sans vote mais expose le gouvernement à une motion de censure, ou l’ordonnance budgétaire, jamais utilisée pour un budget sous la Ve République. Pour Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l’Assemblée, le Premier ministre devrait décider de recourir au 49.3 pour faire adopter le budget 2026. “Je crois que c’est ce vers quoi on s’oriente”, a-t-il déclaré ce matin sur RTL.

Les enjeux pour la stabilité gouvernementale

L’Élysée et Matignon ont posé une règle claire : la censure vaut une dissolution. Traduction politique : si vous renversez le gouvernement, vous retournez devant les électeurs. Cette menace de dissolution constitue une pression considérable sur les députés qui ne souhaitent pas de nouvelles élections législatives anticipées. La décision de Sébastien Lecornu, attendue en fin d’après-midi, déterminera non seulement l’avenir du budget 2026, mais aussi la stabilité du gouvernement dans les mois à venir.

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