Budget 2026 à l’Assemblée nationale : une adoption sous haute tension

L’Assemblée nationale face au défi du budget 2026
L’examen du projet de loi de finances pour 2026 en nouvelle lecture commence, ce mardi 13 janvier, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Après le rejet du texte en première lecture en novembre 2025 et la loi spéciale, votée dans l’urgence fin décembre, qui a assuré la continuité des actions de l’État et des administrations, les députés reprennent les discussions dans un contexte politique tendu.
L’objectif du gouvernement est de ramener le déficit sous la barre des 5% en 2026, contre 5,4% en 2025. Le projet de loi de finances pour 2026 a été déposé le mardi 14 octobre 2025, mais son parcours législatif s’avère particulièrement difficile en raison de l’absence de majorité à l’Assemblée.
Le recours au 49.3 au cœur des débats
Le recours au 49.3 par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, semble désormais plus que probable pour tenter de faire adopter le budget. Selon plusieurs députés, le recours au 49.3 pourrait se faire en fin de semaine, jeudi ou vendredi, sur la partie « recettes ».
Cette perspective soulève la question de la censure. L’Elysée et Matignon ont posé une règle claire : la censure vaut une dissolution. Si vous renversez le gouvernement, vous retournez devant les électeurs. Face aux blocages sur le budget 2026, l’exécutif a brandi la menace d’une nouvelle dissolution en cas de censure. Sébastien Lecornu a demandé au ministre de l’Intérieur d’étudier l’organisation de législatives anticipées aux dates des municipales, les 15 et 22 mars.
La recherche d’un compromis avec les socialistes
Le gouvernement tente de négocier un accord de non-censure avec le Parti socialiste. Les socialistes peuvent déjà se satisfaire d’une nouvelle victoire : le gouvernement ne vise plus un déficit de 4,7 %, comme dans son texte d’origine, mais autour de 5 %. Soit le niveau demandé par le PS à Blois, fin août, lors de son université d’été.
Cependant, les négociations restent fragiles. À la surprise générale, les députés réunis en commission ont supprimé la principale recette des collectivités en 2026, dans le cadre de l’examen en nouvelle lecture du projet de budget. Ces incidents témoignent de la difficulté à faire émerger un consensus.
Enjeux et perspectives pour la France
Le gouvernement a déclaré qu’il faut un budget en janvier, car « il est temps de passer à autre chose ». L’adoption rapide d’un budget complet est cruciale pour la stabilité économique du pays et la crédibilité de la France auprès de ses partenaires européens.
Les prochains jours seront déterminants. Entre le risque d’une motion de censure, la menace d’une dissolution et la nécessité de trouver un compromis acceptable, l’Assemblée nationale doit relever un défi majeur pour doter la France d’un budget avant la fin janvier 2026. Cette séquence budgétaire prolongée illustre les difficultés du gouvernement à gouverner sans majorité absolue et pose la question de la stabilité politique du pays à quelques mois des élections municipales.









