Budget 2026 : le gouvernement Lecornu face au défi budgétaire

0
6

Le recours controversé au 49.3 pour le budget 2026

Sébastien Lecornu a engagé, mardi 20 janvier, en fin d’après-midi, à l’Assemblée nationale, la responsabilité de son gouvernement en utilisant pour la première fois l’article 49.3 pour faire adopter le budget de l’Etat pour 2026. Cette décision, annoncée avec “regret” et “amertume”, marque un tournant dans le processus budgétaire français après trois mois de discussions parlementaires intenses.

Le Premier ministre défend un budget de compromis « meilleur », « responsable » et pouvant « rassembler », tout en continuant de viser un déficit à 5 % du PIB en 2026, contre 5,4 % en 2025. Cette trajectoire de réduction du déficit constitue un engagement crucial pour la crédibilité financière de la France sur la scène internationale.

Les mesures phares du budget Lecornu

Le projet de budget 2026 comprend plusieurs dispositions majeures. Pour rester sous la barre des 5% du PIB, tout en finançant les mesures réclamées par les socialistes et l’effort de défense, le chef du gouvernement a notamment décidé de maintenir une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Cette dernière devrait rapporter “environ 8 milliards d’euros” en 2026, soit le double du rendement initialement prévu.

Le gouvernement table sur environ 17 milliards d’euros d’économies sur les dépenses. Parmi les mesures controversées figurent le gel des pensions de retraite et des prestations sociales, notamment les allocations familiales, en ne les indexant pas sur l’inflation. Le budget prévoit également une augmentation de 6,7 milliards d’euros pour le ministère des Armées, reflétant les priorités de défense du gouvernement.

Menaces de censure et enjeux politiques

L’utilisation du 49.3 expose immédiatement le gouvernement à des motions de censure. La France insoumise et le Rassemblement national ont d’ores et déjà annoncé le dépôt de motions de censure, tandis que le PS a confirmé qu’il ne censurerait pas le gouvernement. Les écologistes se sont associés à la motion de censure de LFI.

Pour que le gouvernement tombe, il faut la majorité absolue, soit 289 voix. L’abstention des socialistes apparaît donc cruciale pour la survie de l’exécutif. Selon le calendrier retenu, un budget définitif pourrait être promulgué autour de la mi-février – à condition que Sébastien Lecornu résiste aux motions de censure qui seront déposées tout au long du processus parlementaire.

Conclusion : un budget sous haute tension

Le budget 2026 du gouvernement Lecornu illustre les défis de gouverner sans majorité absolue à l’Assemblée nationale. Entre nécessité de réduire le déficit public, maintien des investissements stratégiques et recherche de compromis politiques, l’exécutif navigue en eaux troubles. Les prochains jours seront décisifs pour l’avenir du gouvernement et la stabilité budgétaire de la France. Ce budget teste également la capacité du système politique français à trouver des consensus dans un contexte de fragmentation parlementaire inédit.

Comments are closed.