L’affaire Rachel Autrand : entre survie miraculeuse et combat pour la justice

Une nuit d’horreur à Alès en 2013
Dans la nuit du 5 au 6 avril 2013, un homme surgit dans la chambre parentale de la famille Autrand à Alès dans le Gard et tire sur Rachel. Rachel reçoit 3 balles dans le corps, aux jambes et à la poitrine. Cette mère de famille de 34 ans survivra miraculeusement à cette agression. Le père, Fabrice Autrand, à ses côtés, reste immobile, une attitude qui interrogera rapidement les enquêteurs.
Une enquête qui révèle l’impensable
L’investigation policière prend un tournant décisif lorsque les enquêteurs identifient le tireur, Mourad Bouabida, grâce à son ADN retrouvé sur les lieux. Les deux hommes se connaissent depuis une dizaine d’années : Fabrice Autrand dirigeait une boîte de nuit à Alès et l’avait embauché comme agent de sécurité. Huit mois après l’attaque, Fabrice Autrand avoue avoir commandité le meurtre et reconnaît que, depuis six mois, il imaginait différents plans pour tuer sa compagne.
Le mobile révélé : Fabrice voulait tuer Rachel à cause de la haine entre sa propre mère et sa compagne. L’enquête révèle des détails glaçants : il s’était documenté sur les faire-part de deuil et avait envisagé plusieurs scénarios incluant une pendaison maquillée en suicide et un accident de voiture.
Justice et combat pour les victimes
En mars 2017, Mourad Bouabida écope de 17 ans de prison et Fabrice Autrand est condamné à 27 ans pour complicité de tentative d’assassinat avec déchéance de ses droits parentaux. Cependant, le tireur est aujourd’hui libre après avoir bénéficié d’une remise de peine, sans que la victime n’en soit informée.
Aujourd’hui, Rachel mène un nouveau combat. À la fin de l’année 2024, la peine de sûreté de Fabrice Autrand est totalement levée, lui permettant de solliciter une libération anticipée sous bracelet électronique. Le tribunal a retoqué sa demande de libération en janvier, mais Rachel vient d’apprendre que son ex-compagnon a refait une demande de libération conditionnelle.
Un cas emblématique qui interroge le système pénal
L’affaire Rachel Autrand, récemment mise en lumière dans l’émission “Au bout de l’enquête” sur France 2 le 17 janvier 2026, soulève des questions essentielles sur la protection des victimes. Rachel témoigne des angoisses permanentes : multiplier les précautions, contacter la gendarmerie, vivre dans la peur constante. Son histoire illustre le combat de nombreuses survivantes de tentatives de féminicide face aux demandes répétées de libération anticipée de leurs agresseurs, ravivant sans cesse leur traumatisme.









