Motions de censure : le gouvernement Lecornu résiste mais l’incertitude demeure

Introduction : Un gouvernement sous pression parlementaire
Les motions de censure représentent l’un des outils constitutionnels les plus puissants dont dispose l’Assemblée nationale pour contrôler l’action du gouvernement. En janvier 2026, le gouvernement de Sébastien Lecornu a dû faire face à deux motions de censure déposées par l’opposition, illustrant la fragilité politique de l’exécutif dans un contexte parlementaire fragmenté. Ces motions de censure, bien que rejetées, révèlent les tensions profondes qui traversent l’Assemblée nationale et questionnent la capacité du gouvernement à gouverner durablement.
Les motions de censure de janvier 2026 : contexte et motivations
Début janvier 2026, deux motions de censure ont été déposées : une par La France insoumise le 9 janvier et une autre par le Rassemblement national. Ces formations politiques souhaitaient dénoncer la gestion par l’exécutif de l’accord de libre-échange dit du Mercosur que l’Union européenne ratifiera avec cinq États d’Amérique du Sud. L’Assemblée nationale a examiné le 14 janvier les deux motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu.
Les deux motions ont obtenu respectivement 256 votes favorables pour la première et 142 pour la seconde sur les 288 nécessaires pour faire tomber le gouvernement. Si les 71 députés de La France insoumise et les 138 élus du Rassemblement national et de l’UDR avaient l’intention de les voter, le nombre requis de voix pour parvenir à la censure du gouvernement, soit 289, ne semblait pas atteignable.
Le rôle décisif des socialistes et la menace de dissolution
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a assuré que les députés socialistes ne voteraient pas les motions du RN et de LFI, permettant ainsi au gouvernement de survivre. L’Elysée et Matignon ont posé une règle claire : la censure vaut une dissolution, ce qui signifie que si le gouvernement est renversé, les députés retournent devant les électeurs. Cette stratégie vise à dissuader les députés de voter une motion de censure.
Cependant, Sébastien Lecornu n’est pas à l’abri d’une nouvelle motion de censure, les socialistes n’ayant pas écarté la menace d’une motion spontanée si la copie finale du budget ne leur convient pas. Le véritable enjeu se situe désormais autour du budget 2026 et de l’éventuel recours au 49.3.
Conclusion : Un avenir politique incertain
Bien que le gouvernement ait survécu aux motions de censure de janvier 2026, sa situation reste précaire. Le vrai risque pour Sébastien Lecornu viendra d’un éventuel recours au 49.3 pour faire adopter le budget 2026, qui ouvre la voie au dépôt d’une nouvelle motion de censure. La motion de censure gouvernement demeure ainsi une épée de Damoclès au-dessus de l’exécutif, symbolisant l’instabilité politique française et la difficulté à gouverner sans majorité claire à l’Assemblée nationale. Pour les citoyens français, cette situation témoigne d’une période d’incertitude politique qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la capacité du pays à adopter des réformes structurelles et à répondre aux défis économiques et sociaux.









