Dissolution de l’Assemblée nationale : un an d’instabilité politique en France

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Introduction : une décision historique aux conséquences durables

Le 9 juin 2024, au soir des élections européennes, Emmanuel Macron a surpris les Français en annonçant la dissolution de l’Assemblée nationale. Cette annonce a eu lieu après un succès historique du Rassemblement National aux européennes. Cette décision, prise en application de l’article 12 de la Constitution, a profondément bouleversé le paysage politique français et plongé le pays dans une période d’instabilité gouvernementale sans précédent sous la Ve République.

Les conséquences immédiates de la dissolution

À l’issue des législatives anticipées de l’été 2024, aucune majorité ne s’est dégagée des urnes, créant une situation inédite depuis le début de la Ve République. L’ancienne majorité présidentielle est arrivée deuxième avec 150 députés, derrière le Nouveau Front populaire avec 178 députés, tandis que le Rassemblement national était troisième avec 141 députés. Cette fragmentation de l’Assemblée en trois blocs principaux a rendu la formation d’un gouvernement stable particulièrement complexe.

Une instabilité gouvernementale chronique

La dissolution a durablement impacté la dynamique politique nationale et créé un climat d’incertitude politique durable, rendant difficile la formation d’une majorité stable et entraînant la succession de plusieurs gouvernements. Michel Barnier a succédé à Gabriel Attal comme Premier ministre en septembre 2024, avant d’être renversé par une motion de censure en décembre et remplacé par François Bayrou. Cette succession rapide de gouvernements illustre la profondeur de la crise institutionnelle.

Perspectives et possibilité d’une nouvelle dissolution

Emmanuel Macron est de nouveau autorisé à dissoudre l’Assemblée nationale depuis le 8 juillet 2025, soit un an après la tenue du second tour des élections législatives anticipées. Toutefois, l’objectif de stabilité recherché n’a jamais généré autant d’imprévisibilité. Les députés évoquent un sentiment d’enlisement et un pays à l’arrêt. Cette expérience pose des questions fondamentales sur l’utilisation du pouvoir de dissolution et ses effets sur la gouvernabilité du pays dans un contexte de fragmentation politique croissante.

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