Procès en appel de Marine Le Pen : l’affaire des assistants parlementaires joue son avenir politique

Un procès sous haute tension pour l’élection présidentielle de 2027
Marine Le Pen, condamnée le 31 mars 2025 à quatre ans de prison dont deux fermes et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour détournement de fonds publics, est jugée en appel du 13 janvier au 12 février 2026 aux côtés de onze autres prévenus. Les accusés sont soupçonnés d’avoir détourné les enveloppes de 21 000 euros mensuelles du Parlement européen destinées aux assistants parlementaires, qui auraient en réalité travaillé pour le parti et non pour l’activité européenne.
Ce procès détermine si la cheffe de file du Rassemblement national pourra se présenter à la présidentielle de 2027. À la barre, Marine Le Pen a déclaré n’avoir eu « aucun sentiment d’avoir commis un délit » lors de l’embauche et de la mutualisation de ces assistants. Elle marque une inflexion dans sa ligne de défense, ne niant plus l’existence d’un délit mais affirmant qu’elle n’a pas eu l’intention de le commettre.
Les faits reprochés et le préjudice financier
Les faits couvrent une période de 2004 à 2016, durant laquelle plusieurs assistants parlementaires, contractuellement liés à des eurodéputés, exerçaient en réalité des fonctions au bénéfice du parti. Le préjudice total a été évalué à 4,4 millions d’euros. Des cas précis illustrent ces pratiques, comme celui de Catherine Griset qui n’aurait passé qu’une douzaine d’heures par an au Parlement européen.
Enjeux politiques et décision attendue
La cour d’appel de Paris a promis de rendre une décision à l’été 2026, soit bien avant la prochaine élection présidentielle. Jordan Bardella, président du RN, a réaffirmé son soutien total à Marine Le Pen, estimant qu’il serait inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d’une candidate favorite du scrutin. En cas de nouvelle condamnation, Marine Le Pen a indiqué qu’elle passerait le flambeau à Jordan Bardella, préparant ainsi une alternative pour son parti.
Ce procès en appel représente donc un moment décisif pour l’avenir du Rassemblement national et pour la configuration de l’élection présidentielle française de 2027.









