Pénurie d’œufs en France : une crise alimentaire qui s’aggrave en 2026

Introduction : Une situation préoccupante pour les consommateurs français
Depuis plusieurs jours, des ruptures de stock sont recensées dans les commerces. Les distributeurs, comme Super U, Franprix ou encore Auchan, sont presque tous concernés. Cette pénurie d’œufs, qui s’intensifie début 2026, représente un défi majeur pour les ménages français qui dépendent de cette source de protéines abordable. Source de protéine animale la moins chère du marché, l’œuf aujourd’hui est largement plébiscité par les consommateurs. Comprendre les causes de cette crise et ses perspectives d’évolution est essentiel pour anticiper l’avenir de notre sécurité alimentaire.
Les causes multiples d’une crise complexe
Une demande en forte croissance
La consommation se développe depuis trois ans, avec 300 millions d’œufs de plus vendus par an. La consommation française, qui se situe entre 226 et 240 œufs par an et par habitant, a augmenté de 4 % en deux ans, portée par la recherche de protéines abordables face à la flambée des prix de la viande. Les consommateurs se tournent vers les œufs comme alternative économique dans un contexte inflationniste persistant.
Une production qui peine à suivre
La filière est engagée dans une transition coûteuse et longue vers des modes d’élevage alternatifs à la cage, avec un objectif de 90 % de poules concernées. Les investissements nécessaires freinent temporairement la capacité de production. Le marché français a besoin d’un million de poules supplémentaires par an, soit l’ouverture de 60 nouveaux élevages par an.
Les aléas climatiques et sanitaires
Début janvier 2026, des intempéries neigeuses importantes ont perturbé les réseaux routiers, empêchant l’acheminement des œufs depuis les élevages jusqu’aux centres de distribution et aux supermarchés. En cause, des cas de grippe aviaire et les conditions climatiques qui ont ralenti les approvisionnements.
Perspectives et retour à la normale
Le vaste plan national pour plus de poules pondeuses doit améliorer la production à partir de juin prochain et surtout, dès la fin de la semaine, les rayons seront à nouveau alimentés régulièrement avec le redoux. Les professionnels restent toutefois prudents quant à leurs investissements, échaudés par les fluctuations passées du marché. En attendant, 4 à 5% de la demande sont couvertes par des importations en provenance d’Espagne, de Pologne, des Pays-Bas, et même d’Ukraine.
Conclusion : Un enjeu de souveraineté alimentaire
La pénurie d’œufs de 2026 révèle les fragilités du système agricole français face à une demande croissante et aux défis de la transition écologique. Au-delà des difficultés temporaires, cette crise soulève des questions fondamentales sur notre capacité à garantir une alimentation accessible et durable. Pour les consommateurs, il s’agit de faire preuve de patience et de privilégier les produits locaux de qualité. Pour la filière, l’enjeu est de moderniser rapidement les infrastructures tout en maintenant des standards élevés de bien-être animal et de traçabilité.









