Macron prépare un Haut-Commissariat à la diversité : un projet ambitieux et controversé

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Introduction : Une initiative stratégique avant le sommet Africa Forward

À l’approche du sommet international « Africa Forward », prévu en mai 2026 à Nairobi, le président de la République Emmanuel Macron souhaite lancer un Haut-Commissariat à la diversité et aux diasporas, destiné à renforcer le rôle des diasporas dans la politique étrangère et sociétale de la France. Cette initiative, révélée début janvier 2026, s’inscrit dans une stratégie diplomatique visant à mobiliser les communautés françaises d’origine étrangère comme levier d’influence internationale, notamment en Afrique. Le projet marque une rupture avec les politiques migratoires restrictives observées ailleurs, en particulier aux États-Unis.

Composition et missions du futur Haut-Commissariat

Le futur Haut-Commissariat rassemblerait une trentaine de personnalités – parité stricte – issues du monde politique, économique, culturel, associatif ou sportif. Une liste « indicative et non exhaustive » circule déjà, comprenant notamment Lilian Thuram, Isabelle Giordano, Najat Vallaud-Belkacem, Christiane Taubira, Pap Ndiaye, Simeng Wang, Teddy Riner, Leïla Slimani, Achille Mbembe, Dany Laferrière, Amel Bent et Lionel Zinsou. Il envisage la création d’un Haut-Commissariat à la diversité et aux diasporas, une instance destinée à mobiliser les diasporas françaises comme levier diplomatique, politique et culturel.

Le projet prévoit enfin le lancement, à l’été 2026, d’une convention citoyenne réunissant deux cents participants, dont cent tirés au sort et cent représentants des communautés concernées. Objectif affiché : valoriser « la force des diasporas » et tenter d’enrayer le « sentiment de déclin » qui traverse le pays.

Réactions politiques : un projet qui divise

L’annonce de ce projet a immédiatement suscité des réactions contrastées au sein de la classe politique française. Pierre-Romain Thionnet, eurodéputé RN, l’a considérée comme «abominable». Le directeur de la Nouvelle Revue Politique, Arnaud Benedetti, a reproché un certain communautarisme. Les critiques pointent notamment le risque de récupération politique et le coût d’une nouvelle structure administrative dans un contexte budgétaire contraint.

Conclusion : Une stratégie d’influence en rupture

Ce projet de Haut-Commissariat illustre la volonté d’Emmanuel Macron de transformer la diversité française en atout géopolitique, en opposition aux politiques restrictives observées ailleurs dans le monde occidental. Lors d’une récente réunion à l’Élysée avec les ambassadeurs français, Emmanuel Macron aurait insisté sur la nécessité de « mobiliser davantage les diasporas », estimant que le lien avec l’Afrique constitue un axe central de la diplomatie française à l’horizon 2026. Reste à savoir si cette initiative saura convaincre au-delà des clivages politiques et si elle parviendra à s’imposer comme un véritable instrument d’influence pour la France sur la scène internationale. Le succès du sommet Africa Forward en mai prochain constituera un premier test pour cette nouvelle ambition diplomatique.

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