Éric Dupond-Moretti : L’avocat « Acquittator » au cœur des polémiques

0
2

Un parcours exceptionnel de l’avocat à la politique

Éric Dupond-Moretti, né le 20 avril 1961, est un avocat franco-italien qui a servi comme ministre de la Justice de 2020 à 2024 dans les gouvernements successifs de Jean Castex, Élisabeth Borne et Gabriel Attal. Surnommé l’« Acquittator » pour ses plus de 145 acquittements dans des affaires criminelles, il s’est imposé comme l’un des avocats pénalistes les plus redoutés de France.

En juillet 2020, Éric Dupond-Moretti est nommé Garde des Sceaux, ministre de la Justice dans le gouvernement de Jean Castex, une nomination qui a surpris de nombreux observateurs politiques. Après quatre ans à la chancellerie, Éric Dupond-Moretti quitte cette fonction avec « beaucoup d’émotion » et « le cœur serré » en septembre 2024, remplacé par Didier Migaud.

Les réalisations et controverses ministérielles

Durant son mandat, l’ancien ministre a défendu un bilan ambitieux. Le budget du ministère était de 7,6 milliards d’euros en 2020, il avoisine maintenant les 10 milliards. Éric Dupond-Moretti s’est également dit fier d’avoir porté une soixantaine de textes, parmi lesquels la création des pôles spécialisés en matière de violences intrafamiliales, environnementale, haine en ligne et cold case, ainsi que la constitutionnalisation de l’IVG.

Cependant, son passage au ministère n’a pas été exempt de controverses. En 2021, Dupond-Moretti a été placé sous enquête par la Cour de Justice de la République sur des allégations selon lesquelles il aurait utilisé sa position ministérielle pour régler ses comptes avec des juges qui avaient enquêté sur certains de ses clients.

Une nouvelle polémique : procès pour diffamation en 2026

Depuis son départ du gouvernement, Éric Dupond-Moretti a repris le chemin des planches avec son spectacle « J’ai dit oui ! », dans lequel il remonte sur scène pour partager son expérience et raconter comme personne ce que c’est qu’être ministre et les coulisses de cette fonction. Mais ce retour artistique lui vaut de nouvelles difficultés judiciaires.

L’ancien ministre de la Justice sera jugé, en avril 2026, pour diffamation pour des propos visant un magistrat qu’il a tenu dans son spectacle « J’ai dit oui ». Edouard Levrault réclame 30 000 euros de dommages et intérêts à Eric Dupond-Moretti et son éditeur Michel Lafon. Cette affaire illustre une fois de plus les tensions persistantes entre l’ancien avocat star et l’institution judiciaire.

Signification et perspectives

Le parcours d’Éric Dupond-Moretti incarne les contradictions d’une personnalité hors norme. Figure médiatique au franc-parler redouté, il a marqué l’histoire judiciaire et politique française par son caractère entier et ses positions souvent polémiques. Son procès à venir en 2026 démontre que même après avoir quitté la place Vendôme, il continue de cristalliser les débats sur la justice française et le rôle de ses acteurs.

Comments are closed.