Francis Hallé, figure emblématique de la botanique mondiale, s’est éteint à l’âge de 87 ans

La disparition d’un grand défenseur des forêts tropicales
Le botaniste Francis Hallé est décédé le 31 décembre 2025 à Montpellier, à l’âge de 87 ans. Cette disparition marque la fin d’une vie entièrement consacrée à l’étude et à la protection des forêts tropicales primaires. Ce professeur émérite de l’université de Montpellier a poursuivi pendant des décennies un ardent plaidoyer en faveur des forêts tropicales primaires, témoignant d’un engagement sans faille jusqu’à ses derniers jours.
Une carrière scientifique exceptionnelle
Francis Hallé a rencontré sa première forêt tropicale primaire en Côte d’Ivoire entre 1960 et 1968, et a développé sa spécialité : l’architecture des arbres, permettant d’identifier les géants sans avoir accès à leurs fleurs. Son innovation majeure reste le Radeau des Cimes, conçu dans les années 1980, un gigantesque filet soutenu par un dirigeable et conçu pour atterrir sur la canopée des plus vieilles forêts du monde. Cette invention révolutionnaire a permis aux scientifiques d’étudier la biodiversité au sommet des arbres.
Un héritage scientifique et culturel considérable
Francis Hallé a publié de nombreux livres, dont un Atlas de botanique poétique en 2016 et La Beauté du vivant en 2024. En 2012, il a été au cœur du film Il était une forêt, réalisé par Luc Jacquet, contribuant ainsi à sensibiliser le grand public à la beauté et à la fragilité des écosystèmes forestiers.
Un projet visionnaire pour l’avenir
Le botaniste montpelliérain souhaitait réunir les conditions pour qu’une forêt primaire puisse renaître en Europe de l’Ouest, un projet ambitieux lancé en 2019 par l’association qui porte son nom. Ce dernier défi illustre sa vision à long terme et sa conviction que la restauration des écosystèmes est essentielle. L’Association Francis Hallé pour la forêt primaire conclut : Les graines ont été semées, promettant de poursuivre son œuvre.
Une perte immense pour la communauté scientifique
La disparition de Francis Hallé représente une perte considérable pour la science et l’écologie. Son travail de terrain en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie, sa capacité à vulgariser des concepts complexes et son engagement pour la préservation de la biodiversité ont inspiré des générations de chercheurs et de citoyens. Son héritage scientifique et son combat pour les forêts tropicales continueront d’influencer les politiques de conservation et la recherche botanique dans le monde entier.







