La Bulgarie adopte l’euro : un tournant historique pour l’Union européenne

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Une nouvelle étape d’intégration européenne

La Bulgarie franchit ce 1er janvier 2026 un cap décisif dans son parcours européen. À partir du 1er janvier 2026, la zone euro comptera un nouveau membre, le 21ème, la Bulgarie, ce qui portera à 350 millions le nombre d’Européens utilisant l’euro. Ce pays des Balkans, membre de l’UE depuis 2007, dit adieu à sa monnaie historique, le lev, pour adopter la monnaie unique européenne.

L’Union européenne en 2007, l’espace Schengen en 2025 et maintenant la zone euro : ce 1er janvier 2026, la Bulgarie parachève son intégration aux structures de l’Europe unie en adoptant l’euro. Cette adhésion marque une étape significative dans l’histoire de l’intégration européenne et représente une reconnaissance des efforts fournis par Sofia pour satisfaire les critères de convergence économique établis par les traités européens.

Un pays en pleine crise politique

Paradoxalement, cette avancée européenne intervient dans un contexte de forte instabilité politique intérieure. En décembre, à plusieurs reprises, plus de 100 000 personnes sont descendues dans les rues de Sofia, essentiellement des jeunes, pour réclamer un changement profond de la classe dirigeante. La Bulgarie, selon les analystes, a pris beaucoup de retard, et en parallèle du développement économique, elle doit désormais passer à l’étape suivante : la fin de la corruption, l’émergence d’une presse libre et, surtout, d’une justice indépendante.

Le pays, considéré comme l’un des plus pauvres de l’Union européenne, espère que cette entrée dans la zone euro dynamisera son économie et renforcera ses liens avec l’Europe occidentale. Cette entrée dans la zone euro doit permettre de dynamiser l’économie du pays, de renforcer ses liens avec l’Ouest de l’Europe et de le protéger de l’influence russe, espèrent ses dirigeants.

Une population divisée sur l’adoption de l’euro

Si l’adhésion à la zone euro représente un engagement pro-européen assumé par une partie de la classe politique bulgare, elle ne fait pas l’unanimité parmi la population. Selon le dernier Eurobaromètre de la Commission européenne, 49% des Bulgares sont opposés à la monnaie unique. Les inquiétudes portent principalement sur une possible augmentation des prix et une perte de souveraineté nationale.

Au cours de l’été, un mouvement de protestation réclamant de “garder le lev bulgare” est apparu, à l’initiative notamment de partis d’extrême droite et prorusses, jouant sur les craintes des Bulgares de voir les prix grimper. Ces préoccupations sont d’autant plus vives que les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 5% sur un an en novembre, selon l’Institut national de statistique, soit plus du double de la moyenne de la zone euro.

Des perspectives économiques contrastées

Malgré ces réticences, l’adoption de l’euro pourrait présenter des avantages économiques considérables. Le secteur touristique, qui représente environ 8% du PIB bulgare, devrait particulièrement bénéficier de cette transition. Les échanges commerciaux avec la zone euro, qui représente déjà le principal partenaire commercial de la Bulgarie, devraient également être simplifiés grâce à l’élimination des frais de change.

Cette adhésion historique survient trois ans après celle de la Croatie et symbolise la vitalité du projet européen. Pour la Bulgarie, l’enjeu consiste désormais à transformer cette intégration monétaire en véritable levier de développement économique et social, tout en répondant aux préoccupations légitimes de sa population concernant le maintien du pouvoir d’achat et la nécessité de réformes structurelles profondes.

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