Le Mexique à un tournant historique : enjeux économiques et politiques

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Une première présidente à la tête du Mexique

Claudia Sheinbaum est devenue la 66e présidente du Mexique en 2024, devenant ainsi la première femme et la première personne juive à occuper ce poste. Sa victoire aux élections présidentielles mexicaines du 2 juin 2024 a surpris par son ampleur, avec 60 % des votes enregistrés en sa faveur. Officiellement investie le 1er octobre 2024, la physicienne de formation a déclaré : « Je suis mère de famille, grand-mère, scientifique et femme de foi, et à partir d’aujourd’hui, par la volonté du peuple du Mexique, présidente ».

Cette élection marque un tournant historique pour le Mexique, deuxième économie d’Amérique latine. L’ex-mairesse de Mexico a pris la succession du très populaire Andres Manuel Lopez Obrador, dont elle fut la protégée politique. Son arrivée au pouvoir soulève des espoirs de changement, notamment sur les questions de violence contre les femmes et de justice sociale.

Une situation économique contrastée

La Banque centrale du Mexique (Banxico) a procédé à la dernière baisse de taux de l’année en décembre 2024, portant le taux d’intérêt directeur à 10 %. Cette décision intervient dans un contexte d’amélioration de l’inflation. En décembre 2024, le taux d’inflation annuel du Mexique est tombé à un niveau historiquement bas de 4,21 %, soit une baisse notable de 0,34 % par rapport aux 4,55 % de novembre.

Cependant, tous les indicateurs ne sont pas au vert. En octobre 2024, l’activité industrielle au Mexique aurait enregistré une baisse annuelle de 3,3 %, marquant sa plus forte contraction depuis septembre 2020. Malgré ces défis, l’investissement total au Mexique aurait représenté 24,3 % du PIB au T3 2024, un niveau supérieur aux 23,7 % enregistrés au trimestre précédent.

Les défis majeurs de la nouvelle présidence

Claudia Sheinbaum fait face à des défis considérables. Le Mexique enregistre depuis plusieurs années une moyenne de plus de 30 000 homicides par an, environ 80 par jour. La sécurité constitue donc une priorité absolue pour la nouvelle administration.

La présidente doit également gérer les relations complexes avec les États-Unis, principal partenaire commercial du pays. Les exportations du Mexique vers son voisin du nord représentent un tiers du PIB mexicain. De plus, elle prend le pouvoir au milieu d’une polémique provoquée par une réforme du pouvoir judiciaire qui prévoit à partir de juin 2025 l’élection des juges par un vote populaire.

Signification et perspectives d’avenir

L’arrivée de Claudia Sheinbaum représente bien plus qu’un simple changement de gouvernement. Elle incarne l’espoir d’une transformation sociale dans un pays confronté à la violence, aux inégalités et aux défis économiques. Sa formation scientifique et son expérience de gestion à la tête de Mexico City pourraient apporter une approche différente aux problèmes structurels du Mexique. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer sa capacité à naviguer entre les attentes populaires, les pressions internationales et les impératifs de sécurité nationale.

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