L’Afrique en 2025 : Entre dynamisme économique et instabilité politique

Introduction : Un continent à la croisée des chemins
En 2025, l’Afrique se positionne comme l’un des continents les plus dynamiques sur le plan économique mondial. La croissance économique africaine devrait passer de 3,3 % en 2024 à 3,9 % en 2025, dépassant ainsi la moyenne mondiale de 3,3%. Cette performance remarquable intervient dans un contexte international marqué par des incertitudes géopolitiques croissantes et des tensions commerciales. Malgré les défis internes et externes actuels, l’Afrique continue de faire preuve d’une résilience remarquable.
Des perspectives économiques prometteuses
Les institutions internationales affichent un optimisme mesuré concernant l’avenir économique du continent. 21 pays africains atteindront une croissance supérieure à 5 % en 2025, dont quatre d’entre eux (l’Éthiopie, le Niger, le Rwanda et le Sénégal) pouvant atteindre le seuil critique de 7 % nécessaire à la réduction de la pauvreté. Cette dynamique positive s’explique principalement par la baisse de l’inflation, le retour des investissements et une diversification progressive des économies africaines.
Le rapport de la Banque africaine de développement souligne le potentiel considérable du continent. Avec des politiques appropriées, l’Afrique pourrait mobiliser 1 430 milliards de dollars supplémentaires de ressources nationales provenant de sources fiscales et non fiscales. Ces ressources sont essentielles pour financer le développement durable et réduire la dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure.
Instabilité politique et tensions sécuritaires
Cependant, cette embellie économique contraste avec une instabilité politique persistante dans plusieurs régions. Au petit matin du 7 décembre 2025, un groupuscule de soldat a engagé une mutinerie dans le but de déstabiliser l’État et ses institutions au Bénin, illustrant la fragilité de certains pays face aux tentatives de coups d’État. Bien que rapidement maîtrisée, cette tentative rappelle les défis sécuritaires auxquels le continent est confronté.
Par ailleurs, les températures en Afrique du Nord et au Proche-Orient augmentent deux fois plus vite que la moyenne mondiale, selon l’Organisation météorologique mondiale, mettant en lumière l’urgence climatique qui menace les populations et les économies africaines.
Défis structurels persistants
Malgré les perspectives encourageantes, le continent fait face à des obstacles majeurs. Quinze pays connaissent une inflation à deux chiffres, tandis que les paiements d’intérêts absorbent désormais 27,5 % des recettes publiques en Afrique, contre 19 % en 2019. Cette situation limite considérablement la capacité des États à investir dans les infrastructures, l’éducation et la santé.
L’emploi des jeunes demeure également une préoccupation majeure. Avec une population en pleine expansion, le continent doit créer des millions d’emplois chaque année pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail et éviter les tensions sociales.
Conclusion : L’impératif de réformes structurelles
L’Afrique en 2025 incarne un paradoxe fascinant : un potentiel économique considérable confronté à des défis structurels profonds. Pour transformer cette croissance en développement durable et inclusif, les experts recommandent des réformes urgentes en matière de gouvernance, de diversification économique et d’intégration régionale. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente une opportunité unique de stimuler le commerce intra-africain et de renforcer la résilience du continent face aux chocs externes.
L’année 2025 sera donc déterminante pour savoir si l’Afrique parviendra à consolider sa trajectoire de croissance tout en relevant les défis sécuritaires, climatiques et sociaux qui menacent sa stabilité. L’avenir du continent dépendra de la capacité de ses dirigeants à mettre en œuvre des politiques inclusives et à mobiliser les ressources nécessaires pour répondre aux aspirations légitimes de leurs populations.









