Share

 

PRÉSENTATION


L’intérêt des assemblées locales réside dans la discussion et la prise de décision politique en commun. Pour permettre cela, il est naturel et nécessaire que chaque assemblée se donne à elle-même ses propres règles de fonctionnement.


Un très large éventail de modes de fonctionnement, et donc de règles, sont possibles, au gré de l’assemblée :

- veut-on que les décisions soient prises à la majorité, ou exigeons-nous, par exemple, une majorité des 2/3 ?

- Comment est fixé l’ordre du jour ? Comment est-il communiqué aux participants ?

- comment encadrons-nous la prise de parole individuelle, de manière à ce que chacun (et même les plus timides) puisse s’exprimer s’il le souhaite ?

- …

Dans le monde anglo-saxon, par exemple, et depuis 1876, nombre d’assemblées adoptent ou s’inspirent des Robert’s Rules of orderUn guide pratique (manuel de poche toujours à proximité pendant le déroulement d’une assemblé) contenant tout le savoir-faire accumulé au cours des années sur les moyens de permettre le déroulement harmonieux des assemblées (nous écrirons bientôt un article sur le sujet…). La plupart des Town Meetings (Assemblée de villages ou de villes) en Nouvelle-Angleterre aux Etats-Unis utilisent et adaptent ces règles.

En 2011, les participants aux assemblées de Murcie, dans le sud de l’Espagne, d’après leurs vécus, leur expérience et leurs volontés, se sont donnés de telles règles de fonctionnement. Et ils ont établis ce Guide Pratique de l’Assembléarisme pour servir d’aide et d’inspiration aux assemblées de par le monde.

 
Pour plus d’information sur les assemblées locales :

- en Espagne (Mouvement du 15 M)

- en Amérique du Sud

 

 

Guide pratique de l’asamblearismo – Acampada de Murcie – Juin 2011

 

Plus d’informations sur : http://acampadamurcia.blogspot.com/

 

Sommaire

 

1. Introduction

2. Principes de base de l’assembléarisme

3. Fonctions de modérateur et de secrétaire

4. Commissions et plateformes

5. Réunion de coordination

6. Assemblée

 

«Nous allons lentement parce que nous allons loin. »

(pancarte d’une indignée)

Introduction

Ce «Guide pratique de l’assembléarisme » est un document de travail qui nous l’espérons sera utile pour tous ceux qui, dans leur ville, quartier, paroisse ou lieu de travail essaient de s’organiser pour changer le monde. Ce document est donc destiné à ceux qui cherchent à s’éloigner des formes traditionnelles de la politique fondées sur la délégation de pouvoir et qui laissent présager un avenir incertain si nous n’agissons pas rapidement et efficacement. Toutefois, ce guide ne doit pas être interprété comme un projet de règlement ou de normes de fonctionnement, ni non plus comme de simples recommandations. Ce que vous avez sous les yeux est juste une humble tentative de formaliser les pratiques de l’Acamapada émergée à Murcie du 17 mai au 17 Juin 2011, qui vise à faire partager notre expérience et notre apprentissage assembléiste .

Tout a commencé le 15 mai 2011, quand nous – personnes provenant de mondes très différents – avons mis de côté nos idéologies et nos opinions, et nous sommes rencontrés sur la « Plaza de la Revolution du 15M », anciennement appelée « Glorieta de España ». A cette époque, nous avons rendus publique notre indignation, avec le sentiment qu’avant chacun agissait dans son coin et que désormais, nous le faisions d’une manière collective et organisée. Depuis lors, nous avons appris à travailler ensemble et à se faire confiance les uns les autres pour les choses importantes – les expulsions, proposer des lois plus démocratiques, la sensibilisation de l’opinion public, etc. -, mais nous avons aussi fait beaucoup d’erreurs – tomber dans des conflits personnels, ne pas pas assez opérationnel etc.. Au cours de ces quatre semaines, nous sommes passés d’une mobilisation à un mouvement. Autrement dit, d’un groupe de personnes qui se rencontrent pour protester, exerçant leur droit de réunion de manière ponctuelle, à un groupe de personnes qui ont créé une structure permanente pour lutter et changer le monde de manière efficace.

Ce guide a été élaboré par les membres de la commission juridique et de la commission de la psychologie grâce à l’observation directe des obstacles que nous avons rencontrés et du dialogue permanent entre tous les participants sans lequel cette réflexion n’aurait pas pu exister; réflexion qui montre que la diversité est enrichissante, contrairement à ce que postule la sur-spécialisation des fonctions à laquelle nous a condamné le système jusqu’à présent. Les pages qui suivent contiennent donc des notes qui ont pour but d’améliorer la qualité de la relation entre les participants et le caractère démocratique de notre mouvement. Ainsi, nous avons essayé de promouvoir l’empathie et la cordialité, et, d’autre part, l’efficacité et le respect de l’horizontalité dans la prise des décisions. Ainsi, nous avons créé, sans le savoir, une structure organisationnelle originale, de manière spontanée et l’avons appelé « assembléarisme ». Et ce qui est plus surprenant encore, c’est que les autres « accampada » dans le pays sont allés simultanément dans la même direction. Nous espérons que ce document suscitera la réflexion et le débat.

Néanmoins, il est juste de reconnaître que l’assembléarisme est loin d’être un concept défini avec précision. Il s’agit plutôt d’un processus continu, changeant, dont seul le temps nous permettra de mesurer la profondeur et leur contribution à l’histoire. Ce dont nous sommes sûrs, c’est que ce processus est basé sur la conviction que les dirigeants individuels sont dépassés. Face à la supériorité de quelques-uns nous proposons l’horizontalité de beaucoup. Le modèle représentatif qui délègue à des professionnels de la politique déconnectés de la réalité n’apporte pas de solution au moment critique que nous vivons – quand les avancées d’une civilisation construite au cours des ciècles se voient menacés.

Le degré de développement de notre société est tel que le niveau de connaissance et de formation des citoyens a dépassé celui la classe politique. Notre créativité a débordé le système. Il est de notre responsabilité de trouver les voies qui permettent le développement de notre ingéniosité. Pour cette raison l’assemblearisme suppose en dernière instance la reprise en main par les habitants/citoyens de la politique, jusque-là perçue comme lointaine et abstraite. La citoyenneté est en train d’évoluer du rôle d’acteur passif à un rôle actif dans l’écriture de l’histoire. Mais « no todo lo que es oro brilla ». Le principal inconvénient de l’assembléarisme est la lenteur dans la prise des décisions – qui peut conduire à l’inefficacité et à la cacophonie. Nous espérons que ce document invitera à la réflexion sur les moyens de changer le monde de manière efficace et véritablement démocratique.

Au moment d’écrire ces lignes, l’étape des accampadas touche à sa fin, mais tout commence maintenant. Deux nouveaux défis sont apparus à l’horizon: les assemblées de quartier et les nouveaux outils de communication en ligne. Mais peut-être, le défi le plus difficile qui nous reste à accomplir a trait à la révolution intérieure de chacun, continuer à apprendre pour apaiser les ego pou lutter et travailler ensemble de façon pacifique sur la base de la confiance et du respect.

indignadx, 16 juin 2011.

I/ Assembléarisme

1. Définitions

– L’assembléarisme est une technique de prise de décision démocratique basée sur la participation et la délibération en groupe.

– L’assembléarisme se pratique à plusieurs niveaux: dans les commissions, les plateformes, les réunions de coordination, les assemblées et les rencontres régionales des assemblées.

– Les assemblées de quartiers de districts sont l’expression en dernière instance de la souveraineté populaire citoyenne.

– Toutes les initiatives ou actions requièrent autant que faire peut l’approbation de l’assemblée.

– Les assemblées se coordonnent les unes avec les autres au niveau régional lors de réunions où elles envoient leurs porte-paroles.

2. L’assembléarisme comme instrument

- L’assembléarisme est un outil pour changer le monde de manière efficace. Il nécessite :

– D’être confiant dans le travail des participants

– D’évitez de créer de manière inconsciente des espaces de pouvoir parallèles.

– D’éviter de créer une nouvelle fois la bureaucratie inerte semblable à celle que nous combattons.

Transversalité et autonomie

– La transversalité et l’autonomie sont les moteurs de l’assembléarisme.

La transversalité consiste en l’amélioration continue de la communication interne entre les personnes afin de faciliter la coordination du mouvement de manière humaine et spontanée.

– Chaque personne, commission et plate-forme qui participe au mouvement doit être informé du travail des autres.

L’autonomie de chaque personne, commission et plate-forme consiste en l’égalité des opinions et des votes de tous les membres du mouvement.

L’autonomie n’est ni l’indépendance ni la fusion:

Chaque personne, un commission et plate-forme doit éviter de bloquer les initiatives des autres, sauf dans les cas où il est certain que celle-ci va affecter directement directement l’image, le fonctionnement ou l’esprit de tout le mouvement. Pour cela, Il faut donc faire un usage responsable de consensus.

2. Attitude générale en réunion et en assemblée

Principes généraux

– Levez la main pour demander de prendre la parole regarder dans les yeux le modérateur qui en prendra note et distribuera la parole dans l’ordre des demandes.

– Pas de cris, insultes, ni d’attaques de participants. S’efforcer ne pas générer de sentiment d’affrontement personnel en utilisant un langage conciliant et respectueux.

– Apprendre à vivre ensemble et à assumer des idées et sensibilités différentes. Veiller à ce que le débat ne devienne pas un exutoire émotionnel.

– Respecter l’ordre du jour pour que la réunion soit fluide et non pesante.

– Proposer des idées claires et concrètes.

– Les prises de parole doivent être liées à l’objet concret qui est traité à ce moment, afin d’éviter la dispersion.

– Si quelqu’un parle de quelque chose qui n’est pas liée à la question précise qui est traitée, et que le modérateur n’intervient pas, les articipants le lui indiquent par un signe de la main.

Conseils

– Prendre un peu de temps pour penser avant de commencer à parler. Évitez de tergiverser pour dire quelquechose d’utile. Prendre note des idées que l’on veut présenter pour préparer son intervention.

– Ne pas interrompre les prises de parole. (Ceci n’affectant en rien la capacité du modérateur d’interrompre un discours trop long, ou quelqu’un qui utilise un langage agressif).

– Personne ne parle deux fois jusqu’à ce que toust le monde ait parlé. Cela permet de respecter l’égalité des opinions et permet d’éviter que quelques personnes monopolisent la parole pendant que les autres ressortent de la réunion sans avoir dit ce qu’ils voulaient.

– Parler à la première personne. Eviter les généralisations inutiles. Au lieu de dire « cela coûtent aux gens de faire ces changements », il vaut mieux dire « cela me coûte de faire ces changements ». Sinon, mieux vaut se taire.

– Chercher la solution, pas le problème. Éviter de se perdre dans des difficultés hypothétiques qui pourraient ne jamais se produire.

– Se concentrer sur les besoins et non sur les intérêts. Éviter les conflits entre intérêts particuliers.

– Partager toutes les informations pertinentes. Éviter les conflits suscités par un manque de transparence.

En cas d’arrivée au milieu de la réunion ou de l’assemblée

– Etre patient, attendre et écouter.

– Respecter l’effort et le travail déjà accompli par les membres de la commission. Ils connaissent l’ordre du jour et les processus de fonctionnement déjà approuvés par l’organisation.

– Même si vous avez très envie de dire quelque chose d’important, lever la main et attendre son tour. Lorsque vous parlez, soyez précis et concrets.

– Si c’est très urgent (flash de nouvelles urgentes), prendre la parole et s’exprimer d’une traite.

3. Prise de décision : le consensus

Définitions

– Le consensus est un processus de prise de décision qui vise à régler pacifiquement les conflits et à élaborer de manière coopérative des décisions que tous peuvent peuvent soutenir.

– Le consensus part du principe que chaque personne détient une part importante de la vérité.

– Le consensus part des valeurs de participation, de respect, de confiance, de coopération, de non-violence, de bonne volonté, de fiabilité, de diversité, d’inclusion et de responsabilité partagée.

- L’objectif du consensus est l’unité, pas l’unanimité.

Procédure

– Les participants à la réunion ou à l’assemblée présentent leurs propositions et opinions aux autres participants.

– Ensuite, si la proposition a été clairement établi, l’animateur demande : « Quelqu’un s’oppose-t-il à la proposition ? »

– Si personne ne s’y oppose, la proposition est adoptée.

- Si quelqu’un fait une objection, il ya deux possibilités:

- Opposition sans blocage ou abstention positive :

– La proposition a été adoptée, y compris la remarque que l’orateur a indiqué et qui devra nourrir la réflexion future. L’orateur fait confiance à la décision du groupe.

- Opposition avec blocage :

– Remarque: bloquer une décision est quelque chose de sérieux, qui ne peut être fait pour des raisons personnelles. On ne peut bloquer la décision que quand on peut démontrer que la proposition implique une violation des valeurs, de l’éthique ou de la sécurité du groupe.

– Si toutes les possibilités pour parvenir à un accord ont été utilisées sans succès, on recours au vote. L’opposition avec blocage donne lieu à un vote dans le but de faciliter le fonctionnement du mouvement.

– Le système de vote :

– A la majorité des voix à main levée, sans compter les abstentions.

– C’est le système le plus simple et le plus pratique. Mais chaque commission, plateforme ou assemblée devra adopter son propre système, au fur et à mesure de la pratique.

- La proposition ou décision qui n’obtient pas la majorité n’est pas adoptée.

– La proposition qui aura ainsi été rejetée pourra être de nouveau présentée dans le futur.

II/ Fonctions de modérateur et de secrétaire

1. Le modérateur

Définition

- Tempérer, ajuster, réparer quelque chose, éviter les excès. Modérer est faciliter.

Missions

– Aider le groupe à accomplir ses objectifs, tâches ou actions sur le plan organisationnel.

– Garantir la neutralité. Le modérateur maintient une vue extérieure et globale de ce qui se passe, n’opine pas, et ses prises de parole se réduisent à la facilitation et à la gestion du processus de groupe.

– Promouvoir l’efficacité, la participation démocratique et les relations cordiales et coopératives.

– Assurer la continuité des modes de fonctionnement qui découlent de la pratique et améliorent la coordination.

Équilibre entre l’efficience et bienveillance

– Le modérateur a la responsabilité de donner la parole et aussi de l’interrompre.

– Le modérateur doit:

– Faciliter l’efficacité: en donnant la parole et le bâton de parole avec bienveillance à tout le monde de manière égale, en mettant de côté ses préférences personnelles.

– Les assistants du modérateur l’aident quand quelqu’un sabote une réunion, que ce soit intentionnellement ou non. Maintenir le calme dans ces cas. En fonction, lui demander le silence, le faire changer de place ou qu’une personne du groupe se lève et ailler dialoguer avec lui.

Fonctionnement concret

– Le modérateur doit:

Distribuer le temps de parole.

S’assurer qu’au début de la réunion à été faite la liste des points à l’ordre du jour. S’assurer que lors de la réunion tous les points de l’ordre du jour ont été discutés et votés.

Veiller au respect de la durée prévue de la réunion.

Éviter les débats stériles sur des questions de fond, générales ou mineures.

Encourager les intervenants à se prononcer sur la pertinence de la proposition actuellement discutée.

– Sur la base de l’esprit général du débat, le modérateur essaie de formuler une synthèse de la proposition afin de la soumettre au consensus.

– Une fois le vote fait sur une proposition (adoption ou rejet), le modérateur l’annonce explicitiment et dire au secrétaire de « constater cet acte ».

– (Eviter de prendre des substances stimulantes du type café ou maté avant la réunion ;-)

En cas d’insatisfaction avec le travail du modérateur.

– Ne pas interrompre la réunion ou l’assemblée. À moins que le modérateur ne remplisse pas de manière flagrante sa fonction de manière flagrante, auquel cas ses assistants le recentrent.

– Lorsque la réunion se termine on parle avec le modérateur tranquillement et avec bienveillance.

  1. Le Secrétaire

Définition :

  • Le secrétaire est la personne qui écrit le contenu des discussions et des décisions qui ont été prises lors d’une réunion.

Missions :

– Faire le procès-verbal de la réunion ou de l’assemblée. Le procès-verbal servira de base de travail indispensable pour les futures réunions ou assemblées.

– Exposer l’ordre du jour au début de la réunion ou assemblée et l’écrire au procès-verbal.

– Tout autant que le modérateur, le secrétaire peut réorienter les débats si ceux- ci s’éloignent de l’ordre du jour.

– La tâche du secrétaire est essentielle parce qu’elle garantit que les décisions sont clairement enregistrées, afin d’éviter toute ambiguïté dans l’avenir.

– Après la réunion ou assemblée, le secrétaire est chargé de faire imprimer, de photocopier, de distribuer les procès-verbaux et de le mettre sur Internet.

L’ordre du jour

– Il doit être visible. Tous les participants doivent savoir à tout moment ce qui est en cours de discussion.

– Pour ce faire, il est préférable de mettre des points de l’ordre du jour dans une position de premier plan, comme un grand tableau.

Contenu:

– Propositions nouvelles à soumettre au consensus et le cas échéant au vote.

– Propositions antérieures qui n’ont jamais été traitées faute de temps.

– La durée fixe de la réunion ou de l’assemblée.

– Dans les réunions de coordination, tenir la liste des commissions présentes.

III/ Commissions et plateformes

1. Comisión

Définition

Les commissions sont des groupes de travail thématiques basée sur les connaissances spécifiques de ses membres.

Missions

– Les commissions ont pour objectif de permettre que chaque personne puisse contribuer au mouvement en lui apportant ce qu’il sait faire de mieux.

Les comimissions peuvent être sollicitées pour fournir de l’aide ou des opinions sur des questions spécifiques nécessitant des compétences spécifiques.

– Remarque: Les premières commissions qui ont surgi spontanément à l’accampada de Murcie en réponse à des besoins urgents furent les commissions logistique, communication, droit et poursuites judiciaires, auxquelles vinrent s’ajouter quelques jours plus tard notamment les commissions affiches, débat, féminisme etc. La commission autogestion a été créée plus tard, pour aider à mettre en place les assemblées de quartier.

Sur la base de leurs connaissances spécifiques, les commissions élaborent des propositions qui seront, après avoir été acceptées au consensus par l’ensemble des autres commisions en réunion de coordination, présentées à l’assemblée.

Fonctionnement

– Les réunions des commissions doivent être ouvertes afin d’assurer la transparence et afin que de nouvelles personnes y participent.

– Néanmoins, la participation spontanée de personnes « qui passaient par là » doit rester raisonnable, de manière à respecter l’ordre du jour ; elles n’ont pas forcément le droit de vote.

– A l’accampada de Murcie, nous avons remarqué la présence de «bloqueurs de décision anonymes » qui ont entravé le fonctionnement des commissions en prenant la parole pour susciter la controverse ou pour aborder des thèmes qui n’étaient pas à l’ordre du jour.

– Chaque commission établit son propre système de communication interne.

– Nous recommandons de créer un compte de messagerie gmail collective ou un groupe facebook. Mais à court terme, le fonctionnement du réseau social open source N-1, qui est déjà en cours d’exécution, sera amélioré suffisamment pour être plus fonctionnel.

– Il est souhaitable que chaque commission metten en place une « boîte aux lettres a propositions » physique et/ou virtuelle de sorte que tout citoyen puisse y déposer une idée ou une proposition à l’adresse de la commission.

2. Plateforme

– Les plateformes sont des organisations non partisanes antérieures aux 15-M qui se sont jointes au mouvement ou ont contribué à sa naissance.

– Nous renvoyons par exemple à «Démocratie Réelle Maintenant» ou la «Plateforme des personnes touchées par un prêt hypothécaire», entre autres.

– Les membres de la plateforme participent activement aux commissions mais cela ne signifie pas que les plates-formes soient diluées et disparaissent.

– De cette façon, elles gardent leur autonomie en contribuant par leurs actions ou leurs connaissances sans tomber dans le rapport hiérarchique.

3. Principe d’autonomie fonctionnel de chaque commission et plateforme

– L’autonomie n’est pas l’indépendance :

– Chaque commision et plateforme doivent être informés du travail des autres.

– Une initiative requiert seulement l’approbation de tout le mouvement au cas où elle affecte directement l’image, le fonctionnement ou l’esprit du mouvement.

– Partant de là, chaque commission et plateforme doit s’efforcer d’éviter de bloquer les initiatives des autres commissions et plateformes à moins qu’elle soit certaine qu’il s’agisse d’une question de vie ou de mort.

– L’autonomie se justifie par :

– La confiance dans le travail et les compétences spécifiques de nos collègues.

– Améliorer notre efficacité pour changer le monde de manière efficace.

– L’assembléarisme et l’autonomie fonctionnelle sont compatibles parce que l’assembléarisme est une technique de prise de décision démocratique basée sur la participation et la délibération en groupe. L’assembléarisme n’est pas un dogme.

IV/ Reunión de coordinación de comisiones

1.Définition

– Elles rassemblent tous les porte-parole des différentes commissions qui transmettent les initiatives, actions et propositions nouvelles de chaque commission.

– La réunion de coordination n’est pas un organe. Il s’agit d’une réunion de travail atelier pour améliorer la communication et la coordination.

– Ce n’est pas non plus un espace de débat ni un espace de pouvoir parallèle.

2. Distinction entre porte-parole et représentant

– Les participants à la réunion sont les porte-parole et non les représentants de leur commission ou plateforme.

– Un représentant est celui qui interprète librement l’intérêt général d’un groupe qui lui a délégué l’autorité pour accomplir cette fonction. La fonction de représentant implique une organisation verticale.

– Un porte-parole, par contre, est la personne qui est autorisée à présenter les décisions et positions d’un groupe. La fonction de porte-parole implique une organisation horizontale. Pour ce faire…

– Tous les porte-parole apportent à la réunion de coordination le procès-verbal de la réunion de leur commission ou plateforme.

– Ne pas vouloir lors de ces réunions de coordination traiter trop de questions. Il convient de distinguer entre les points d’information interne pure et les points qui demandent une prise de décision par consensus.

3. Missions

– Se mettre d’accord par consensus sur toutes les initiatives, actions et p ropositions des commissions et plates-formes à soumettre à l’Assemblée pour approbation.

– Éviter de créer une nouvelle bureaucratie inefficace semblable à celle que nous combattons afin de dynamiser le déroulement l’Assemblée.

– Assistent à ce type de réunion un ou deux membres de chaque commission.

– Un modérateur et un secrétaire sont toujours présents à ces réunions. Au début de chaque réunion on adopte un ordre du jour.

– A la réunion on établit l’ordre du jour de l’Assemblée.

– Il faut bien distinguer entre les points à présenter à l’Assemblée purement informatifs – actions réalisées, e. j. présenter un recours ou envoyer un article à un média – et les points qui, étant donné leur importance, devront être soumis à l’Assemblée.

5. La réunion

– Doit avoir lieu dans un endroit accueillant, intime et où tous les gens peuvent être à l’aise.

– Doit commencer à l’heure fixée et ne doit pas durer plus de 90 minutes. Dans le cas contraire, il doit y avoir une pause de 15-20 minutes au milieu de la réunion.

– Au terme de la réunion, doivent être clairs pour chacun : les accords réalisés, les questions laissées en suspens, qui est responsable de quoi (il est essentiel de mettre un nom sur toutes les tâches à accomplir jusqu’à la prochaine réunion). Il peut aussi être approprié de fixer une date pour la prochaine réunion.

– Pour finir, il est vivement conseillé de consacrer quelques minutes pour évaluer la qualité de la réunion (ce qui s’est bien passé, ce qui pourrait être amélioré). Et terminer en remerciant les participants de leur présence.

V/ Assemblée

Définition

– L’Assemblée est l’organe dépositaire de la souveraineté populaire citoyenne. Le bon fonctionnement de l’assemblée est de la responsabilité partagée de tous les participants à l’assemblée.

– Les assemblées de quartier adoptent toutes les décisions importantes pour l’avenir, l’image ou l’esprit du mouvement au niveau local ainsi que les propositions de coordination émanant des autres assemblées.

– Les grandes décisions au niveau régional ou national sont adoptées lors des rencontres des assemblées, composées des porte-paroles de chaque assemblée.

2. Ordre du jour

– Tout d’abord, sont traités les points d’information sur les actions et initiatives accomplies et futures abordées précédemment dans la réunion de coordination.

– Deuxièmement, on informe sur l’actualité d’initiatives initiées antérieurement.

– Troisièmement, on soumet au consensus les décisions importantes pour l’ensemble du mouvement.

- C’est le point le plus important de tous. Dans le cas contraire, cela signifie que le mouvement ne respecte pas la forme assembleariste que ce soit par manque d’efficacité ou à cause de la création d’espaces de pouvoir parallèles.

Quatrièmement, dans le cas où du temps est dispponible, on peut revenir à des points secondaires qui sont restés non traités.

Cinquièmement, seront précisés le jour, l’heure et le lieu des prochaines actions et réunions de coordination et des commissions et plateformes.

Enfin, avant la fin de l’Assemblée, on peut décider de faire – ou pas – le «micro ouvert».

3. Le « micro ouvert »

– Le «micro ouvert» vise a pour objectif de favoriser l’expression et la participation politique citoyenne.

- L’ouverture du «micro ouvert» ne doit pas retarder ou entraver les réunions des commissions qui peuvent se dérouler juste après l’assemblée.

- Le « micro ouvert » exige la présence d’un modérateur qui garantit :

- La limite de temps de chaque intervention, autour de 5 min.

- L’absence de commentaires contraires à la dignité humaine.

- L’absence d’allégations partisanes ou de revendications sous un sigle ou une banière particulière.

- La non-répétition d’un jour à l’autre, autant que faire se peut, des mêmes personnes prenant le micro, afin de favoriser la rotation et d’éviter la création de leaderships populistes.