Share

 

Cet article est un compte-rendu d’un article, de 10 pages, fantastique, écrit à 3 mains, sur la tradition des assemblées municipales ouvertes, les Concejo ou Cabildo abierto (Conseils municipaux), depuis le XVIe siècle jusqu’à nos jours en Espagne et en Amérique du Sud, et publié dans La Vie des Idées en octobre 2011. Il faut absolument le lire en entier sur : http://www.laviedesidees.fr/Une-tradition-hispanique-de.html

 

Dans cet article, les 3 historiens expliquent que le recours aux assemblées locales s’ancre dans une tradition hispanique puissante et ancienne. Les formes locales de républicanisme participatif auraient persisté depuis le Moyen-âge, malgré les efforts constants pour les réduire. » (1)

 

UNE TRADITION QUI SUBSISTE JUSQU’À AUJOURD’HUI !!!… Et que les CONSTITUTIONS ESPAGNOLE et COLOMBIENNE PRÉVOIENT ENCORE


De même que la Constitution colombienne, la Constitution espagnole qui prévoit que « la loi règlera les conditions dans lesquelles pourra s’exercer le régime de concejo abierto« , a hérité de cette tradition qui existe depuis le Moyen-Age et qui a joué un grand rôle dans les indépendances des pays d’Amérique du Sud.

« Le cabildo abierto« , explique les 3 historiens, « était (il l’est toujours) l’assemblée des vecinos [voisins, habitants, chefs de famille, résidents] ayant pouvoir de décision sur les affaires qui concernaient tous les habitants d’une municipalité. Un système de gouvernement local (…) qui peut être assimilé à la démocratie directe, réunie en assemblée ou délibérative. »

Tous les habitants de la ville ou du village, à l’appel de la cloche, se retrouvent dans le cabildo abierto pour débattre de sujets d’intérêt général, de quelque importance qu’il soit et pour décider sur les affaires qui les concernaient tous. On peut retrouver aujourd’hui dans les archives espagnoles toutes ces résolutions des concejos qui ont été consignées par écrit.

 

LE RÔLE DES ASSEMBLÉES LOCALES OUVERTES DANS LES INDÉPENDANCES EN AMÉRIQUE DU SUD


On apprend dans cet article que la ville de Lima au Pérou fut fondée par le biais d’un cabildo abierto ou que l’indépendance du Pérou fut elle-même proclamée le 28 juillet 1821 en cabildo abierto dans la ville de Lima.

« Ce pays n’est pas un cas à part ; le même phénomène se produisit sous de nombreuses latitudes américaines du XVIe jusqu’au XIXe siècle ». Ces assemblées municipales ouvertes existaient dans la Péninsule ibérique depuis l’époque médiévale, dans la ligne de la tradition du républicanisme des villes du Moyen-Age. Et même si les assemblées locales ouvertes disparurent des grandes villes espagnoles au cours du XIVe siècle, elles se sont maintenues jusqu’à aujourd’hui dans de petites localités.

Ces assemblées, commissions et cabildos ouverts existent toujours au Pérou et sur le reste du continent sud-américain et « ont permis à des communautés locales de faire face à de puissantes multinationales, en recourant à la vecindad [citoyenneté locale] (cœur de la souveraineté populaire dans le domaine hispanique), à des mécanismes républicains qui ont résisté aux outrages du temps, tapis dans l’ombre ».

 

CE QUE LE POLITIQUE A  ÉTÉ et PEUT ÊTRE… L’AFFAIRE DE TOUT UN CHACUN !


Il faut rappeler qu’en d’autres temps, et notamment au Moyen-Age en Europe, au moins dans certaines villes et régions, les gens avaient une conception de la politique complètement différente de la nôtre. Se déplacer une fois tous les 2 ans pour aller voter leur aurait paru un abandon de leur qualité d’hommes, capables de juger ce qui est bon pour lui ou pas et de décider avec ses voisins/concitoyens des affaires communes.

A cette époque, la participation à la vie politique de la cité était considérée comme une évidence, une chose bonne : « celui qui déléguait |son pouvoir] pour pouvoir se consacrer à ses affaires privées corrompait la république, il était défini comme idiota. »

 

ACTUALITÉ DES ASSEMBLÉES MUNICIPALES et HOSTILITÉ DES PARTIS POLITIQUES


Comme dans la plupart des parties du globe, en Espagne les partis politiques sont hostiles aux cabildos abiertos. La loi du 29 janvier 2011 transforme ainsi les consejos abiertos en concelos cerrados (fermés), des conseils formés de représentants élus, sauf si 3 membres élus et la majorité des vecinos décident de continuer à le faire fonctionner.

« En Amérique Latine, il existe des mécanismes de démocratie participative qui débouchent sur un autogouvernement, au plan local davantage qu’au niveau national. Ils recourent au cabildo abierto en lui donnant des attributions plus restreintes que le cabildo médiéval et moderne. Mais la somme des outils de participation que nous allons énumérer correspond à bon nombre des fonctions que détenait le concejo abierto à son origine. Ils supposent un authentique gouvernement républicain ainsi qu’une véritable démocratie délibérative : révocation d’autorités élues, destitution d’autorités désignées, demande de reddition des comptes aux unes et aux autres, budgets participatifs, surveillance citoyenne ; audience publique des autorités ; consultation des citoyens et résidents et jugements citoyens. »

Le texte des 3 historiens fourmille d’exemples historiques et actuels d’assemblées d’habitants et détaille leur rôle concret, leur fonctionnement et leur utilité : A LIRE ABSOLUMENT !!!

 

NOTES :

(1) : Eva Botella-Ordinas & Domingo Centenero de Arce & Antonio Terrasa Lozano, « Une tradition hispanique de démocratie locale. Les cabildos abiertos du XVIe siècle à nos jours », La Vie des idées, 28 octobre 2011. Lire l’article sur : http://www.laviedesidees.fr/Une-tradition-hispanique-de.html