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Aujourd’hui est le dernier jour de ce Forum Social Mondial qui aura, de notre point de vue et selon les gens rencontrés (Tunisiens ou étrangers) tout au long de ces jours chargés, intenses, répondu aux attentes. La grande majorité des participants sont Tunisiens, pour la plupart des personnes déjà engagées dans des actions citoyennes de base, activistes, membres d’associations, étudiants militants… De très nombreux Français sont présents, « simples » individuels ou membres d’associations dont, bien évidement ATTAC France – à peu prés 200 membres a Tunis -, l’association Survie, le CRID, les membres du CADTM France…

Face à l’énorme tâche que constitue l’accueil de 50 000 participants et l’organisation d’environ 200 événements et débats différents par jour, la plupart des jeunes Tunisiens volontaires et bénévoles (plusieurs milliers), sur le pont depuis plus de 2 mois, n’ont dormi que quelques heures depuis 5 jours, entre préparation des tentes, organisation logistique, orientation des participants dans ce grand campus universitaire aux bâtiments multiples… Si tout se passe très bien, ils restent sur le qui-vive et attentifs, inquiets d’éventuels débordements et incursions de la part de salafistes notamment.

Ces derniers – à travers stands, débats ou mini manifestations – sont tout de même présents sur le FSM : ils ont réussi à tromper la vigilance des organisateurs au moment des inscriptions, en se faisant passer pour des organisations de la société civile progressistes (rappelons que quelques 2500 organisations tunisiennes sont présentes !). Mais heureusement, les Tunisiens sont vigilants et veillent au grain tout en s’efforçant de les ignorer et de profiter comme il se doit de ce moment festif (concerts le soir, avec bières bienvenues !), de rencontres et de témoignages auprès des étrangers sur leur situation actuelle, de défoulement et de liberté face a un pouvoir politique resté oppressif, de débats politiques et d’organisations de coopérations, entre eux, avec les organisations étrangères.

Hier, Populaction a participé à l’organisation et à l’animation d’un débat au FSM, sur le thème de la démocratie directe locale bien évidemment, et des expériences en ce sens de par le monde, avec le site internet New Compasset l’Institut Transnational pour l’Ecologie Sociale (TRISE) nouvellement crée, dont Hadrien Delahousse fait partie du conseil. Nous étions 70 personnes peut-être, Tunisiens, Marocains, Sud-africains, Algériens, Grecs, Canadiens, Norvégiens, Polonais, Français ou Espagnols a échanger sur les différentes expériences de démocraties directes locales de par le monde, leur intérêt, leurs façons de fonctionner, la difficulté a mobiliser les gens ou leurs effets au niveau national ou international. Le fruit de ces débats sera entièrement retranscrit, d’ici peu, sur Populaction, et sera – espérons-le – passionnant pour le lecteur ou auditeur.

Demain est organisée une grande manifestation dans Tunis pour soutenir la population palestinienne pour conclure ce FSM. Bien évidemment, on s’en doute, la tragédie palestinienne fait l’objet ici de nombreux stands, expositions et débats – en témoignent les quelques photos ci-dessous prises ici et là a travers le campus.

Dimanche et Lundi, les membres des différents associations et collectifs de tous les pays présents se réuniront en assemblée pour tenter d’établir des constats communs, faire le bilan de ce FSM, trouver les moyens de développer les coopérations, notamment concernant les grands problèmes communs a toutes les populations du globe : ressources minérales et pillage par les grandes multinationales, prolifération des armes nucléaires et des armes tout court, marchandisation du vivant (semences, sante, éducation…), accaparement des terres par les riches (où les limites, l’absurdité et le caractère inhumain de la loi absolue de liberté d’investissement qui caractérise le système juridique international actuel)… Évidemment, si des consensus existent entre les participants aux FSM (salafistes mis a part) ce sont bien :

-      L’urgence de stopper le libre-échange absolu prédateur qui appauvrit et détruit – humains comme nature.

- L’urgence de lutter contre la désinformation et la piètre qualité des informations mainstream – voire concernant de très nombreux cas, la pure et simple inexactitude, ou l’oubli pur et simple – qui fait le jeu de la militarisation du monde et de la multiplication des guerres et des actions guerrières, qu’elles soient le faits d’États ou de terroristes.

-      L’urgence de développer et renforcer les coopérations entre mouvements citoyens et les solidarités, seul moyen d’espérer changer réellement les choses

-      L’urgence, dans tous les pays, au Nord comme au Sud, de vraies démocraties, en remplacement, selon, les cas, des dictatures ou des pures oligarchies actuelles.