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Une assemblée-école a eu lieu à Paris, le 27 avril dernier, impulsée et animée par le Centre d’auto-formation à la pratique démocratique Les Maîtres ignorants. Décision a été prise par les participants de diffuser au maximum le compte-rendu de l’Assemblée que voilà.

 

La prochaine assemblée à Paris aura lieu bientôt et aura pour thème la question du chômage, doléance la plus soutenue sur le site internet des Maîtres ignorants : annonce de la date à suivre sur le site !!!

 
 

Compte rendu de l’Assemblée populaire du 27/04/2013.

Quelles réponses apporter aux problèmes du logement ?

 

Plus d’une vingtaine de personnes sont intervenus au cours de cette assemblée, qui a duré un peu plus de 2 heures. Mais beaucoup plus de gens ont assisté aux débats, au moins partiellement.

 

 

I. Quels problèmes de logement rencontrons-nous ?

 

 

Beaucoup de personnes ont témoigné à propos de leurs problèmes de logement. Au regard de ces témoignages on peut constater une variété de situations :

 

des logements provisoires qui durent : une personne vivait dans une chambre d’hôtel depuis depuis plus de 10 ans avec ses enfants, toujours en attente d’un logement social ;

 

des personnes qui ne peuvent pas, alors qu’elles travaillent, accéder à la location privée, car les conditions d’accessibilité au logement trop exigeantes (personnes garantes, salaires élevés, cautions équivalent à 2 ou 3 fois le montant du loyer…) et qui restent dans des chambres d’hôtel très chères (une dame a signalé un coût de1800 euros par mois, la moitié prise en charge par elle, le reste par les services sociaux) ;

 

des demandes de logement qui n’aboutissent pas ;

 

des problèmes de corruption : une personnes a signalé qu’un fonctionnaire des services logement de la Ville de Paris lui a demandé 3 000 euros pour que sa demande de logement social aboutisse. Une autre participante a confirmé de telles pratiques.

 

des attitudes humiliantes de la part de ces mêmes fonctionnaires à l’encontre des demandeurs de logements sociaux ;

 

des loyers trop chers : une fois le loyer payé il ne reste plus de quoi vivre (un participant payait payait 600 euros par mois pour 15 m2 !) ;

 

des problèmes de voisinage du fait de logements trop exigus ;

 

des problèmes d’éloignement : transports trop éloigné du lieu de travail (plus de 3 heures de transport) ;

 

des insuffisances de logements pour les étudiants. Pas assez de logements du Crous ;

 

des étudiants qui sont obligés de travailler pour payer leur loyer et qui mettent en péril leur études ;

 

des problèmes d’aménagement de territoire : La France compte des territoires très peu habités, où se trouvent des logements vides mais aussi plus de place pour construire ;

 

des agences qui profitent de la situation en imposant des conditions trop exigeantes et qui vendent des listes bidons d’adresses de logements en général déjà louées ;

 

des problèmes de syndics véreux contre lesquels les petits propriétaires ne peuvent se protéger ;

 

des petits propriétaires, souvent pas très riches, qui n’arrivent plus à assumer les charges ; ce qui entraîne des problèmes d’entretien d’immeubles ; cas d’un immeuble qui s’est récemment écroulé pour cette raison ;

 

le problème d’immeubles sociaux ouverts à l’accession à la propriété qui ont été peu à peu racheté par des marchants de sommeil qui les ont laissé insalubres et dangereux (Les Bosquets à Montfermeil).

 

 

Remarque :

 

Nous avons été nombreux à signaler que ce problème de logement constituait également :

 

un problème de santé, car les familles comme les célibataires ou les jeunes devaient faire face au stress et aux maladies que de telles situations pouvaient créer.

 

un problème de développement psychique de l’individu, lorsqu’il est enfant et d’autonomie lorsqu’il est adolescent et jeune adulte.

 

 

II. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

 

 

La situation parait absurde, le logement qui est une nécessité vitale pour tous les êtres humains est en même temps un moyen de faire de l’argent. Cela est incompatible, peut-on « marchandiser » la vie ?

 

Beaucoup ont signalé des situations de spéculations inacceptables. Paris vit des spéculations, du tourisme et des taxes professionnelles. Ainsi, nous nous retrouvons avec une hausse du prix d’achat au m2, qui entraîne des hausses de loyer. Des petits espaces ont loués très chers à la semaine à des touristes, ce qui fait qu’ils ne sont plus disponibles pour les habitants. Enfin, il existe beaucoup de bureaux vides qui probablement apportent des taxes professionnelles ?

 

Simultanément, Paris paie des chambres d’hôtel très cher à des familles n’ayant pas de logement ce qui lui coûte davantage que si la Ville construisait des logements sociaux.

 

Bref, les touristes sont dans des logements et la population vit dans des hôtels !

 

 

III. Propositions de solutions

 

 

A. A court terme

 

Initiatives à l’adresse des représentants institutionnels ou aux élus.

 

construire des logements sociaux ;

 

faire une loi qui rend inéligible tout élu responsable de la non application par sa Ville de la lois sur les quotas de logements sociaux ;

 

obliger les villes à construire des logements pouvant accueillir les jeunes adultes ou étudiants ;

 

faire appliquer la loi de réquisition des logements vides (loi Duflot) ;

 

faire une loi pour réquisitionner les bureaux vides ;

 

contrôle plus important des syndics véreux.

 

rénover des bâtiments plutôt que les détruire.

 

faire des chantiers de reconstruction avec les personnes sans emplois et sans logement en leur proposant de les loger dedans en échange d’un petit loyer.

 

 

Initiatives « citoyennes »

 

rendre public le contenu de cette assemblée à la population (tract dans ce même quartier et la diffuser sur le site de DRM) ;

 

écrire à la direction du logement de la ville de Paris pour lui signifier les conclusions de cette assemblée ;

 

apprendre à gérer seuls les syndics.

 

 

B. A moyen terme

 

Initiatives à l’adresse des représentants institutionnels ou aux élus.

 

renoncer à la spéculation en imposant un prix plafond au m2 correspondant au pouvoir d’achat des habitants et non de ceux des touristes ou des plus riches pour privilégier le bien-être de sa population ;

 

faire baisser le prix des loyers

 

mener une politique d’aménagement du territoire en incitant plus radicalement l’implantation des activités professionnelles, économiques et éducatives (université) à l’extérieur de l’île de France (à la campagne).

 

Initiatives « citoyennes »

 

Occupation de lieux vides comme les bureaux squats ;

 

créer des chantiers de construction de type collaboratif (comme les « Castors » ou autres) ;

 

constituer des groupes de personnes pour construire à la campagne des zones d’activités et des logements ;

 

créer des formations adaptées à des initiatives de reconstruction (formation à certains corps de métier ou de démarche de projets…) ;

 

transformer des lieux insolites en habitation, par exemple avec des containers et à l’aide d’architecte s’inscrivant dans le même projet. Utiliser le recyclage ;

 

réfléchir sur des modes de constructions pas cher ;

 

faire plancher les artistes et les architectes sur la récupération de sites insolites ou à rénover ;

 

retaper des maisons abandonnées ou en voie de s’écrouler à la campagne.

 

 

C. A long terme 

 

 

Réinventer la vie à partir de nos propres initiatives Utopie.

 

 

III. Propositions adoptées

 

 

Au terme des constats effectués et des propositions de solutions apparus au cours de l’assemblée, celle-ci a adopté, par consensus, les décisions suivantes :

 

 

  1. Il faut une loi pénalisant les élus responsables de la non-application par leur ville de la loi sur les quotas de logement sociaux, par une mesure d’inéligibilité.

  2. Il faut engager à Paris la réduction du pourcentage d’immeubles de bureaux par rapport au logement. D’abord en interdisant la reconversion d’un logement en bureau, ensuite en planifiant une réaffectation de bureaux existants (notamment des bureaux vides) en logements. Faire faire les travaux de réaménagement pour ce changement d’affectation par des jeunes ou des chômeurs qui pourraient y trouver leur logement contre des loyers très modérés.